La fonte des glaciers dans les Alpes

Avec le phénomène de réchauffement climatique, qui provoque la dégradation du permafrost (terrains gelés depuis des décennies ou des millénaires), on observe une accélération préoccupante de la fonte des glaciers partout dans le monde. Pour le cas des Alpes, à l’instar de la chaîne montagneuse himalayenne, ces vingt dernières années, le dégel est tel que les écroulements se multiplient de plus en plus. Et la canicule de l’année 2015 n’a pas arrangé les choses dans les Alpes. Le glaciologue Christophe Chaix a d’ailleurs noté que les Alpes se réchauffent deux fois plus vite que l’hémisphère nord, et presque trois fois plus vite que l’ensemble de la planète. Et la situation est d’autant plus alarmante lorsqu’on constate que les chutes de neige hivernales ne suffisent pas à compenser ces pertes.

Pour comprendre l’état actuel de la couverture glacière des Alpes françaises, en suivant son évolution temporelle sur des périodes-clés, notamment en 1970, 1985, 2003, 2009, 2015, en raison des effondrements et des écoulements, la couverture globale des glaciers des Alpes françaises est passée de 375 km² dans la fin des années 70 à 275 km² dans la fin des années 2000, occasionnant ainsi une baisse de 26 % en 40 ans. La fonte est plus importante dans les massifs du sud à basse altitude comme Ecrins et Belledone, qui ont perdu entre 69 % et 85 % de leur superficie. Lorsqu’on va plus au nord, la perte est estimée à 33 % pour aboutir à une perte de « seulement » 9,7 % de la superficie dans la plus haute chaine montagneuse du Mont-Blanc.

Le recul des glaciers affecte inévitablement l’approvisionnement en eau douce, l’élévation des niveaux de la mer qui va se répercuter sur les régions côtières et les îles de faible altitude. La fonte aura également des impacts sur la subsidence des sols actuellement gelés. Si dans l’immédiat, cet état actuel des choses présente des risques encore limités pour les populations, les alpinistes sont les premiers à ressentir les implications de la fonte des glaciers. De nombreuses voies d’escalade disparaissent en effet avec les écoulements, comme ce fut le cas du célèbre pilier Bonatti, disparu en 2005. Les alpinistes sont de ce fait obligés d’aborder plus tôt, voire d’abandonner certains itinéraires.

Le plus grand suivi des glaciers réalisé à l’échelle mondiale est opéré par le Service de Surveillance Mondiale des Glaciers, qui rend compte, tous les cinq ans, des changements des terminus de glaciers, ou de fins moins élevées. Pour suivre l’évolution du recul des glaciers, les glaciologues effectuent une étude comparative des délimitations diachroniques des contours glaciaires à partir des cartes topographiques, des photographies aériennes et des images satellites prises à différentes périodes.

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